Écologie et vie de quartier : à Lyon, le projet "8e Cèdre" initie les enfants à la permaculture

Écologie et vie de quartier : à Lyon, le projet "8e Cèdre" initie les enfants à la permaculture

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Le 8e cèdre est un jardin permacole au cœur d’un quartier de logements sociaux à Lyon. Il sensibilise les habitants à l’agriculture urbaine et à la ville durable. Entre les immeubles, on y cultive des herbes aromatiques, des laitues et d’autres légumes.


8e cèdre : une oasis de partage qui rassemble enfants et habitants

Le 8e cèdre est un projet d’agriculture urbaine implanté dans un quartier de logements sociaux à Lyon, permettant aux enfants d’apprendre à jardiner en s’amusant. Sarah Richardier, l’une des responsables du projet, leur montre comment reconnaître les pommes de terre sous les fleurs blanches. Ouaïs, 7 ans, est ravi de tirer les plants et de découvrir les tubercules.


"Il y en a plein ! Je vais les emmener chez moi", dit-il avec enthousiasme. Le potager du 8e cèdre, qui occupe la cour centrale de la résidence (plus de 450 appartements lyonnais et 4 200 habitants), est un lieu d’échange et de partage entre les intervenants de l’association Place aux Terreaux et la population.

Le 8e cèdre fait partie d’un projet d’agriculture urbaine qui vise à améliorer le cadre de vie et la cohésion sociale du quartier.

À Lyon, une cohabitation harmonieuse se profile dans un ensemble d’immobilier social

Au cœur du 8e arrondissement de Lyon, plus précisément au quartier du 8e cèdre, une voix s’élève, témoignant de l’importance des échanges extérieurs dans des communautés comme celle-ci. Yasmina Boughdri, amie de la famille et observatrice vigilante des aventures de ce garçon et de sa sœur, partage son point de vue depuis une table de pique-nique ombragée, nichée au cœur des plantations luxuriantes.


En effet, elle réside du côté le plus bruyant de cet ensemble résidentiel, mais trouve refuge dans l’oasis verdoyante au milieu du parc immobilier lyonnais. "Le mélange des résidents, les interactions entre voisins, voilà ce qui construit notre vie en communauté", déclare-t-elle avec conviction, soulignant l’essence même de la coexistence dans ce quartier du 8e cèdre.

Du béton à la nature, le projet de potager urbain s’épanouit au milieu des logements sociaux

Implanté au milieu des logements sociaux, le projet 8e cèdre a pris racine en 2019, porté par l’association Place des Terreaux et avec le solide appui de Grand Lyon Habitat. Cette initiative s’inscrit parfaitement dans la métamorphose des espaces extérieurs enclenchée par le propriétaire des logements en location à Lyon. Les anciens emplacements de stationnement ont cédé la place à une cour métamorphosée, désormais parée d’un potager luxuriant et d’un modeste terrain de jeu.


Le bailleur s’engage résolument à guider l’évolution des habitudes de la communauté résidente, avec le soutien financier de la municipalité de Lyon et de la Métropole. Le 8e cèdre reflète une approche proactive qui vise à remodeler le quotidien des habitants des logements et à renforcer la cohésion sociale au sein du quartier.

Comment l’agriculture urbaine évolue grâce à une approche holistique

L’initiative d’agriculture urbaine, le 8e cèdre, s’épanouit en une approche holistique touchant divers aspects de la vie quotidienne. Ludivine Dequidt, en charge du développement de la Politique de la ville et des Actions collectives au sein de GLH, met en exergue la démarche globale du 8e cèdre : "Notre programme pédagogique embrasse une multitude de thématiques, de la vie domestique à la nutrition, de la gestion des déchets à l’économie circulaire. L’alimentation et la santé, la biodiversité, le compostage, mais aussi l’agriculture urbaine sont autant de facettes que nous abordons dans une approche systémique." Le projet enrichissant du 8e cèdre se révèle être un véritable vecteur de transformation pour la vie de quartier, imprégnant chaque facette de la vie des résidents du quartier.

Éveil écologique : le jardin permacole tisse les liens entre les résidents, locataires ou propriétaires

Sous la tutelle bienveillante de l’association Place aux Terreaux, le jardin permacole du 8e cèdre fleurit comme jamais. Une cohorte d’une trentaine d’adultes s’investit assidûment, tandis qu’une communauté de 120 membres gravite autour du groupe WhatsApp de la résidence, dédié à cette entreprise florissante. Les plantations et les récoltes sont orchestrées avec la participation enthousiaste du public, rythmant le quotidien de ce coin de verdure à raison de deux sessions hebdomadaires. L’espace ne se contente pas de cultiver la terre, il sème aussi des connaissances à travers des ateliers divers. "Le 8e cèdre a une portée qui s’étend bien au-delà. Il influence l’environnement résidentiel, modèle l’écologie locale et façonne l’urbanisme émergent", se réjouit Ludivine Dequidt. Sarah Richardier, elle, constate que les résidents modifient même leurs habitudes pour flâner dans la cour, révélant ainsi l’impact transformateur de ce jardin prolifique.

Une transformation importante pour le quartier et pour la vie des habitants

Le jardin permacole du 8e cèdre à Lyon est un espace de vie et d’apprentissage pour les habitants du quartier. L’association Place aux Terreaux s’occupe de l’entretien du jardin et organise des activités avec le public. Et une telle initiative n’est pas sans conséquence, notamment sur l’environnement. L’abandon des étendues bitumées a en effet réduit la chaleur ambiante, ouvrant la voie à un retour bienvenu des oiseaux et des insectes. Cette métamorphose en appelle d’autres : GLH prévoit l’établissement d’un potager similaire à un kilomètre de là. Cette idée pourrait germer ailleurs : au-delà de la production, GLH répond conjointement avec d’autres associations à un appel à projets visant à adresser la précarité alimentaire, en apportant une aide vitale aux plus vulnérables, révèle Ludivine Dequidt.

Un autre exemple outre-Atlantique : une micro-ferme en ville aux États-Unis

À proximité du jardin permacole associatif, un autre pan de la réalité agricole prend racine au 8e cèdre : les terres maraîchères de la "micro-ferme des États-Unis", un domaine privé exploité par deux agriculteurs depuis 2020. S’étalant sur environ 600 mètres carrés sur place, avec une extension de 1 500 mètres carrés à quelques rues de là, cette entreprise agricole vient enrichir le tissu communautaire pour transformer le lieu en un écoquartier durable. L’approche se veut inclusive. Marie-Annick Monghal, âgée de 80 ans, a parcouru deux kilomètres pour récupérer son panier hebdomadaire garni de courgettes, fraises, ciboulette, mesclun, micropousses et pommes de terre - une sélection de produits frais, bios et en circuit court. Philippe Zerr, le maraîcher, autrefois impliqué dans l’audiovisuel avant sa reconversion à l’âge de 40 ans, incarne l’idée qu’un projet audacieux ne requiert pas une révolution complète de sa vie. Pour lui, cette micro-ferme urbaine démontre que l’on peut entreprendre des initiatives innovantes sans renier ses origines citadines.


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Avec ETX / DailyUp