La SNCF renouvelle sa flotte et étend son réseau. Les médias martèlent l’importance du développement durable. La hausse du prix de l’essence incite à laisser les voitures au garage. Les agglomérations réhabilitent le tramway. Grand bénéficiaire de tous ces facteurs combinés, le marché de l’industrie ferroviaire devrait croître d’au moins 3 % par an au cours de la prochaine décennie.
Le Canadien Bombardier, l’Allemand Siemens et le Français Alstom, les trois principaux acteurs de l’industrie ferroviaire hexagonale, ne sont donc pas inquiets : jusque là, la crise les a épargnés, et le futur s’annonce relativement sûr. Comme l’explique Jean-Michel Rémy, directeur des ressources humaines de Bombardier Crespin, les commandes de locomotives, wagons, rails et tramways passées il y a quelques mois garantissent l’emploi des ouvriers pour plusieurs années. L’entretien des installations déjà en place occupe également les techniciens maintenance et qualité. En outre, les négociations en cours devraient mener sous peu à de nouveaux recrutements, notamment des ingénieurs pour la conception des nouveaux projets.
Les métiers qui recrutent
Chez Alstom, ingénieurs et cadres sont très demandés pour remplir les bureaux d’études. Une conséquence des contrats signés récemment : les projets doivent avant tout être analysés et mis en place. Lorsque la phase de réalisation commencera, les profils se diversifieront, les agents de production seront davantage recherchés. Marc Amblard, directeur affaires et stratégie marché, le confirme : « dans les mois à venir, Alstom aura de nouveau recours à l’opération "recruitment tour", qui consiste à présenter l’entreprise aux candidats qui nous envoient leur CV puis à leur faire visiter une usine afin de leur exposer les différents métiers du secteur. »
De son côté, le site de Bombardier Crespin a d’ores et déjà besoin d’ouvriers. Soudeurs-chaudronniers, peintres, techniciens d’essai et électriciens spécialisés dans l’équipement industriel sont les principales cibles d’une campagne de recrutement débutée en 2007 et qui devrait se poursuivre pendant encore environ six mois. Au total, 530 nouveaux collaborateurs auront été embauchés sur ce site qui compte quelque 2 000 employés.
« Nous cherchons constamment à développer notre politique d’apprentissage, de professionnalisation et d’accueil des stagiaires, ainsi que nos partenariats avec les écoles. C’est un travail de fond, il ne s’agit pas seulement de lancer une campagne de recrutement à un moment donné », assure Jean-Michel Rémy. Une mesure nécessaire, tout comme la participation aux forums de recrutement ou aux salons étudiants : pour des emplois aussi recherchés, la concurrence ne vient pas seulement des autres constructeurs ferroviaires. D’autres industries, comme l’aéronautique, ont également besoin de ces précieux employés. « Les soudeurs et les peintres-enduiseurs sont les plus durs à trouver. On remarque une grande pénurie de compétences parce que peu de formations existent, et parallèlement, les entreprises en ont énormément besoin. » Ingénieurs, techniciens ou ouvriers spécialisés, les recrutements devraient donc rester au beau fixe dans le ferroviaire, même en 2009.
Chiffres-clés
3 394 018
salariés travaillent dans l’industrie en France.
15 %
des salariés de l’industrie travaillent en Île-de-France.
225 000
postes seront à pourvoir dans le secteur transport et logistique d’ici 2015.
319
entreprises étaient recensées dans l’industrie ferroviaire en France en 2004.
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