« Les populations les plus touchées sont les jeunes diplômés et les cadres confirmés », explique Bern Terrel, directeur du département industrie d’Hudson. Les premiers parce qu’ils ne sont pas immédiatement opérationnels, les seconds parce qu’au lieu de recruter pour ce type de postes, les responsables des ressources humaines préfèrent favoriser la promotion interne. Le profil idéal ? « Entre trois et cinq ans d’expérience : c’est assez pour maîtriser parfaitement le métier sans afficher des exigences salariales exorbitantes. »
Parmi les domaines d’activité, la recherche et le développement sont toujours dynamiques, principalement parce que contrairement à la production, ils ne peuvent pas être délocalisés, mais aussi parce que l’innovation permet d’attirer de nouveaux acheteurs. Par ailleurs, « les fonctions commerciales sont moins touchées par la crise et sont celles qui marchent le mieux ». Ce point est logiquement renforcé par les entreprises : à l’heure où les commandes se font rares, les salariés capables de partir à la conquête de nouveaux marchés en attirant des clients sont indispensables.
Le point par secteurs
« L’agroalimentaire et l’automobile sont particulièrement sinistrés. » Dans ces branches très en difficulté du secteur industriel, les fonctions les plus en difficulté sont la production et les services techniques. D’après Bern Terrel, les grands groupes, davantage assujettis à la situation économique internationale, sont les plus prudents en matière de recrutements, alors que les PME peuvent encore se permettre d’accueillir de nouveaux collaborateurs.
Le ferroviaire, en revanche, s’en sort mieux. Mode de transport s’inscrivant dans une logique de développement durable et bien adapté aux dimensions des territoires européens, le rail connaît une demande croissante, ce qui agit positivement sur l’emploi. « Aujourd’hui, toutes les villes de plus de 100 000 habitants veulent avoir un tramway. » En outre, les contrats s’établissant sur une longue durée, même si la demande venait à ralentir, le marché devrait continuer à bien se porter. Deux autres branches industrielles continuent à recruter ou souffrent moins que l’ensemble du secteur : l’aéronautique, prudente mais en bonne santé, et l’énergie, toujours dynamique.
Dans l’ensemble, les professionnels du secteur devraient prendre leur mal en patience, car « l’industrie et la construction repartiront sans doute plus tardivement que les autres ».
Comment convaincre ?
« Les jeunes diplômés ne doivent surtout pas hésiter à faire des stages, ce qui leur permet d’acquérir de l’expérience. » La mobilité est également un atout majeur, car certaines régions considérées comme peu attractives, par exemple dans le Nord et l’Ouest de la France, présentent des opportunités plus ouvertes que d’autres bassins, dans lesquels les candidatures sont plus nombreuses que les offres d’emploi.
Enfin, les langues sont le talon d’Achille des Français, un candidat maîtrisant l’anglais, l’allemand, l’espagnol ou le chinois aura plus de chances de convaincre un recruteur, en particulier dans les groupes travaillant à l’international.
Chiffres-clés
256 013
entreprises étaient recensées dans l’industrie manufacturière en France en 2005.
82 %
des salariés de l’industrie aéronautique, spatiale et d’électronique de défense et de sécurité sont des hommes.
99 633
ouvriers qualifiés des industries chimiques et plastiques étaient recensés en 2002.
27 000
postes de techniciens et agents de maîtrise des industries légères sont à pourvoir entre 2005 et 2015.
211 000
postes d’ouvriers qualifiés sont à pourvoir entre 2005 et 2015 dans les industries de process.
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