Emploi dans la distribution : du changement
Le secteur de la grande distribution a souffert de la crise, les entreprises ont parfois dû licencier, en particulier au siège. Mais en magasin, elles ont toujours besoin de compétences. Elles recrutent encore des employés, en particulier pour certains postes difficiles à pourvoir.
Globalement, dans la grande distribution, les recrutements ont reculé au cours des dix-huit derniers mois. C’est en tout cas la constatation faite par Jean-Yves Reynaud, responsable du cabinet de recrutement Hexagone RH. « Les entreprises ont annoncé des restructurations et des licenciements, surtout au niveau des sièges. Si cela ne se ressent pas trop dans les magasins, c’est pour une raison simple : le turn-over. » En effet, il s’agit d’un secteur dans lequel les postes se libèrent rapidement, que cela soit pour cause de démission, de départ à la retraite, de contrat temporaire ou de promotion. Les grandes surfaces doivent donc remplacer ces employés. L’avantage, c’est que malgré la situation économique, les géants de la distribution n’ont pas gelé les recrutements. Pour certains métiers dans lesquels il existe une pénurie de candidats, ils sont même encore très dynamiques.
Un secteur en pleine évolution
« Ceux qui s’en sortent plutôt bien sont les métiers de bouche. » Les recrutements sont en effet toujours difficiles : les besoins sont importants et les candidats peu nombreux. Toutefois, ces postes sont en pleine mutation. Jean-Yves Reynaud cite l’exemple du boucher dans une grande surface. « Auparavant, il recevait les carcasses entières et devait y découper les morceaux, faire le tri… » Mais, pénurie de professionnels qualifiés oblige, les entreprises ont dû s’adapter. Aujourd’hui, elles ont plutôt tendance à demander aux abattoirs de leur livrer les morceaux déjà prêts, et il ne reste au boucher d’hypermarché qu’à y découper des tranches. Résultats : les compétences nécessaires sont moins spécialisées, un savoir-faire se perd et « des professions comme celle-ci sont tirées vers le bas ».
De la même façon, le métier de boulanger est en train d’évoluer. « Les grandes structures ont encore la place et les moyens de garder une boulangerie. » Mais pour les autres, les supermarchés installés sur des surfaces relativement petites, la tâche est de plus en plus externalisée : « le travail de la pâte se fait en atelier ou en usine et le boulanger de grande surface n’a plus qu’à cuire le pain et à le vendre. »
Côté poissonnerie, le poste est resté sensiblement le même, même s’il a lui aussi dû s’adapter, dans une certaine mesure. « Les poissonniers accomplissent toujours les mêmes tâches, mais désormais, dans les périodes creuses, ils préparent des portions toutes prêtes de façon à gagner du temps aux heures d’affluence. » Une précaution qui permet de réduire les files d’attente.
Selon Jean-Yves Reynaud, un autre métier est destiné à évoluer, voire à disparaître : celui de chef de rayon. « Aujourd’hui, tout est centralisé, les chefs de rayon risquent d’être éclipsés au profit d’employés qui se chargeront de la mise en rayon et seront supervisés par l’équivalent d’un chef de secteur. » En résumé, dans quelques années, le paysage de l’emploi dans la grande distribution risque de ne ressembler que de loin à ce qu’il est à l’heure actuelle. Une évolution à suivre pour les professionnels du secteur, qui devront s’adapter pour conserver leur poste.
Chiffres-clés
20 000
Postes devraient être à pourvoir dans la distribution en 2010
61 %
Des salariés dans la vente-distribution sont des femmes
33 %
Des salariés du secteur sont employés à temps partiel
37 %
Des emplois dans la distribution alimentaire sont des postes d’employé commercial
Emploi dans la distribution : du changement
Le secteur de la grande distribution a souffert de la crise, les entreprises ont parfois dû licencier, en particulier au siège. Mais en magasin, elles ont toujours besoin de compétences. Elles recrutent encore des employés, en particulier pour certains postes difficiles à pourvoir.
Globalement, dans la grande distribution, les recrutements ont reculé au cours des dix-huit derniers mois. C’est en tout cas la constatation faite par Jean-Yves Reynaud, responsable du cabinet de recrutement Hexagone RH. « Les entreprises ont annoncé des restructurations et des licenciements, surtout au niveau des sièges. Si cela ne se ressent pas trop dans les magasins, c’est pour une raison simple : le turn-over. » En effet, il s’agit d’un secteur dans lequel les postes se libèrent rapidement, que cela soit pour cause de démission, de départ à la retraite, de contrat temporaire ou de promotion. Les grandes surfaces doivent donc remplacer ces employés. L’avantage, c’est que malgré la situation économique, les géants de la distribution n’ont pas gelé les recrutements. Pour certains métiers dans lesquels il existe une pénurie de candidats, ils sont même encore très dynamiques.
Un secteur en pleine évolution
« Ceux qui s’en sortent plutôt bien sont les métiers de bouche. » Les recrutements sont en effet toujours difficiles : les besoins sont importants et les candidats peu nombreux. Toutefois, ces postes sont en pleine mutation. Jean-Yves Reynaud cite l’exemple du boucher dans une grande surface. « Auparavant, il recevait les carcasses entières et devait y découper les morceaux, faire le tri… » Mais, pénurie de professionnels qualifiés oblige, les entreprises ont dû s’adapter. Aujourd’hui, elles ont plutôt tendance à demander aux abattoirs de leur livrer les morceaux déjà prêts, et il ne reste au boucher d’hypermarché qu’à y découper des tranches. Résultats : les compétences nécessaires sont moins spécialisées, un savoir-faire se perd et « des professions comme celle-ci sont tirées vers le bas ».
De la même façon, le métier de boulanger est en train d’évoluer. « Les grandes structures ont encore la place et les moyens de garder une boulangerie. » Mais pour les autres, les supermarchés installés sur des surfaces relativement petites, la tâche est de plus en plus externalisée : « le travail de la pâte se fait en atelier ou en usine et le boulanger de grande surface n’a plus qu’à cuire le pain et à le vendre. »
Côté poissonnerie, le poste est resté sensiblement le même, même s’il a lui aussi dû s’adapter, dans une certaine mesure. « Les poissonniers accomplissent toujours les mêmes tâches, mais désormais, dans les périodes creuses, ils préparent des portions toutes prêtes de façon à gagner du temps aux heures d’affluence. » Une précaution qui permet de réduire les files d’attente.
Selon Jean-Yves Reynaud, un autre métier est destiné à évoluer, voire à disparaître : celui de chef de rayon. « Aujourd’hui, tout est centralisé, les chefs de rayon risquent d’être éclipsés au profit d’employés qui se chargeront de la mise en rayon et seront supervisés par l’équivalent d’un chef de secteur. » En résumé, dans quelques années, le paysage de l’emploi dans la grande distribution risque de ne ressembler que de loin à ce qu’il est à l’heure actuelle. Une évolution à suivre pour les professionnels du secteur, qui devront s’adapter pour conserver leur poste.
Chiffres-clés
20 000
Postes devraient être à pourvoir dans la distribution en 2010
61 %
Des salariés dans la vente-distribution sont des femmes
33 %
Des salariés du secteur sont employés à temps partiel
37 %
Des emplois dans la distribution alimentaire sont des postes d’employé commercial
